Le tapis noué constitue l'expression artisanale majeure du pays. Sa composition repose sur la répétition d'un médaillon octogonal ou losangé, le göl, dont le dessin variait autrefois selon la tribu. Le göl tekke, le göl yomoud, le göl salor, le göl saryk et le göl tchaoudour permettaient de reconnaître l'origine d'une pièce. Cinq de ces motifs occupent la bande verticale du drapeau national et se retrouvent sur l'emblème de l'État. L'art traditionnel du tapis turkmène a été inscrit en 2019 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.
Les tisseuses travaillent sur des métiers horizontaux la laine des moutons du pays, parfois associée à du coton pour la chaîne. Le rouge profond obtenu à partir de la garance domine la palette, complété par des bruns de brou de noix, des jaunes tirés de plantes locales et des bleus d'indigo. La finesse se mesure au nombre de nœuds au mètre carré, certaines pièces de musée dépassant le million de nœuds noués à la main. La journée du tapis turkmène, instituée en 1992, se tient le dernier dimanche de mai.
Le Musée du tapis d'Achgabat conserve les exemplaires les plus remarquables et abrite un atelier de restauration. On y voit notamment un tapis de 301 mètres carrés réalisé en 2001, enregistré au livre Guinness des records comme le plus grand tapis noué à la main.
La parure féminine turkmène se distingue par le volume et le poids de ses pièces d'argent, souvent dorées au feu et serties de cornaline rouge. Le gülýaka, large broche ronde fermant le col de la robe, l'asyk suspendu dans le dos, les bracelets bilezik et les ornements de tresses composent un ensemble transmis de mère en fille. Ces bijoux jouent aussi un rôle protecteur dans les croyances populaires.
La soie keteni se tisse en bandes étroites aux reflets changeants, teintes en rouge, en vert ou en jaune, puis assemblées en robes. Le col reçoit une broderie dense au point compté, le ýaka, dont les dessins varient selon les régions et le statut de celle qui la porte. Les calottes brodées, les sacs et les bandeaux prolongent cette tradition.
Le feutre keçe, obtenu en foulant la laine à l'eau chaude, sert de tapis de sol et de couverture pour la yourte. Les cordons tissés alaja, les sacs de rangement torba et çuwal, les encadrements de porte kapunuk et les sacoches de selle complètent l'équipement domestique traditionnel.