Histoire du Turkménistan

Oasis néolithiques et civilisation de l'Oxus

Le sud du Turkménistan actuel abrite certains des plus anciens villages agricoles d'Asie centrale. Au pied du Kopet-Dag, le site de Djeïtoun documente une économie de céréales et d'élevage dès le sixième millénaire avant notre ère. 2 000 ans plus tard, dans le delta du Mourgab, la civilisation de l'Oxus élève des ensembles fortifiés comme Gonour Dépé, avec palais, temples du feu et ateliers. Ces sociétés reposent sur l'irrigation et sur un commerce à longue distance de lapis-lazuli, de turquoise et de métaux.

Nissa parthe et carrefour caravanier

Vers le troisième siècle avant notre ère, les Parthes établissent Nissa au pied de la montagne, non loin de l'actuelle Achgabat. La ville royale et la ville fortifiée forment aujourd'hui un bien du patrimoine mondial de l'UNESCO, inscrit en 2007. Plus à l'est, l'oasis de Merv concentre les pistes venues de Perse, de Bactriane et de Chine. Son parc national historique et culturel, inscrit en 1999, superpose plusieurs villes successives fondées les unes à côté des autres.

Islamisation, Seldjoukides et Khorezm

La conquête arabe atteint la région au huitième siècle et l'islam s'y installe durablement. À partir du dixième siècle, les tribus oghouzes venues des steppes s'implantent dans les oasis et forment le peuplement turkmène. Merv devient au douzième siècle l'une des capitales de l'empire seldjoukide, sous le sultan Sandjar dont le mausolée domine encore le site. Au nord, Kounia-Ourguentch rayonne comme centre du Khorezm avant que l'invasion mongole de 1221 ne ravage les deux métropoles. Kounia-Ourguentch figure au patrimoine mondial depuis 2005.

Tribus turkmènes entre trois pouvoirs

Du seizième au 10-neuvième siècle, les Turkmènes vivent en confédérations tribales sans État unifié. Tekkes, Yomouds, Ersaris, Saryks, Salyrs et Tchaoudours se partagent oasis, pâturages et pistes caravanières, entre la Perse safavide puis kadjare, le khanat de Khiva et l'émirat de Boukhara. Cette dispersion nourrit la poésie de Makhtoumkouli Fraghi, qui appelle ses contemporains à l'union.

L'économie de ces groupes associe l'élevage du mouton et du cheval, une agriculture d'oasis dépendante des canaux, et le contrôle des routes de caravanes. Les cavaliers tekkes et yomouds mènent des expéditions vers le Khorassan voisin, tandis que les tissages et les chevaux akhal-téké circulent jusqu'aux marchés de Perse et de Boukhara. Aucun pouvoir extérieur ne parvient à soumettre durablement les oasis de l'Akhal et du Mourgab avant la fin du 10-neuvième siècle.

Conquête russe et période soviétique

L'avancée russe en Transcaspienne culmine avec la prise de la forteresse de Gökdepe en 1881, épisode toujours commémoré aujourd'hui. La même année naît Achgabat, d'abord garnison militaire sur la ligne du chemin de fer transcaspien. En 1924, le découpage des républiques d'Asie centrale donne naissance à la République socialiste soviétique de Turkménie. Suivent la sédentarisation des éleveurs, la collectivisation, le passage de l'écriture arabe à l'alphabet latin puis cyrillique, et l'ouverture du canal du Karakoum qui détourne les eaux de l'Amou-Daria vers les terres cotonnières.

Indépendance et construction nationale

Le Turkménistan proclame son indépendance le 27 octobre 1991. Saparmourat Niazov, premier secrétaire du parti devenu président, prend le nom de Türkmenbaşy et obtient en 1999 un mandat à vie. Son ouvrage le Ruhnama sert de référence dans l'enseignement et l'administration, et de nombreux monuments lui sont dédiés, un ensemble que les observateurs étrangers décrivent comme un culte de la personnalité. L'Assemblée générale des Nations unies reconnaît la neutralité permanente du pays le 12 décembre 1995. Gourbangouly Berdymoukhamedov succède à Niazov en 2007, avant que son fils Serdar ne soit élu à la présidence en 2022.