La peinture turkmène

Images anciennes et arts du livre

Avant l'apparition de la peinture de chevalet, l'image circule au Turkménistan par d'autres supports. Les fouilles de Nissa et de Merv ont livré des fragments de décor mural, des statuettes et des rhytons sculptés qui témoignent d'une longue tradition figurative. À l'époque islamique, la calligraphie, la miniature et l'enluminure des manuscrits prennent le relais, tandis que le répertoire géométrique des tapis et des broderies fixe un vocabulaire de formes toujours vivant.

Premiers ateliers de peinture

La peinture à l'huile arrive avec la présence russe puis soviétique. Une école d'arts ouvre à Achgabat au début des années 1920 et forme les premiers peintres locaux, dans un climat où se croisent goût orientaliste, avant-gardes et commande publique. Bäşim Nuraly, souvent présenté comme le fondateur de la peinture nationale turkmène, y transpose la vivacité chromatique des tapis et des costumes dans des scènes de village et des portraits.

Génération soviétique turkmène

Après la Seconde Guerre mondiale, une génération formée à Moscou et à Leningrad revient travailler les paysages du Karakoum, les scènes de récolte et les portraits de bergers. Izzat Klytchev construit une œuvre ample autour de la lumière du désert et des tribus turkmènes. Yakoub Annanourov appartient au même mouvement. Durdy Bayramov, peintre et photographe, laisse une abondante galerie de portraits et de vues rurales aujourd'hui conservée par une fondation qui la fait circuler à l'étranger.

Musées et collections publiques

Le Musée national des beaux-arts d'Achgabat rassemble la principale collection du pays, avec des sections consacrées à l'art turkmène, à la peinture russe et européenne et aux arts décoratifs. Le Musée du tapis, tout proche, complète cet ensemble pour les arts textiles, et les musées régionaux de Mary, de Daşoguz et de Türkmenabat conservent des fonds locaux.

Création actuelle

La scène contemporaine reste modeste et dépendante des institutions publiques, l'union des artistes encadrant expositions et commandes. Les thèmes patriotiques, les chevaux akhal-téké et les paysages nationaux dominent les cimaises officielles, tandis que quelques galeries privées d'Achgabat et des artistes installés à l'étranger explorent des voies plus personnelles.