L'accueil de l'hôte occupe une place centrale dans la vie turkmène. Le visiteur, même inconnu, reçoit thé, pain et le meilleur de ce que la maison peut offrir, et refuser une invitation passe pour une offense. Le pain, le çörek, ne se pose jamais à l'envers et ne se jette pas. La nappe étalée au sol, le saçak, réunit la famille et les invités autour des mêmes plats, les places les plus éloignées de la porte revenant aux aînés.
Le foyer turkmène demeure souvent multigénérationnel, le plus jeune fils restant auprès de ses parents avec sa femme. Les décisions importantes se prennent après consultation des yashuli, les hommes âgés respectés du quartier ou du village, dont l'avis pèse sur les mariages, les litiges et l'organisation des fêtes. La belle-fille, la gelin, entre dans une hiérarchie domestique précise et observe des marques de déférence envers ses beaux-parents.
Tekkes, Yomouds, Ersaris, Saryks, Salyrs et Tchaoudours forment les grands ensembles tribaux dont les motifs de tapis ornent le drapeau national. L'origine tribale et régionale continue d'orienter les alliances matrimoniales et les réseaux d'entraide, même si le discours officiel met en avant l'unité nationale au-dessus de ces appartenances.
La très grande majorité des Turkmènes se rattache à l'islam sunnite de rite hanafite, marqué par un héritage soufi et par des pratiques antérieures à l'islamisation. Les pèlerinages aux mausolées de saints, les offrandes, les amulettes et les rubans noués sur les arbres accompagnent la vie religieuse. La branche de dagdan, arbre réputé protecteur, se fixe encore au-dessus des berceaux et dans les voitures.
La longue robe brodée au col, le köýnek, taillée dans la soie keteni, reste portée au quotidien par de nombreuses femmes, souvent avec un foulard et des bijoux d'argent. Les hommes arborent le telpek, haute toque de peau de mouton, lors des cérémonies. Les étudiantes portent un uniforme vert et les étudiants un costume sombre avec la toque, conformément aux règles en vigueur dans les établissements.