Environnement des affaires au Turkménistan

Économie sous contrôle de l'État

L'appareil productif turkmène demeure largement administré. Les principaux secteurs, à commencer par les hydrocarbures, les transports et les grandes cultures, relèvent d'entreprises publiques ou de structures placées sous tutelle ministérielle. Le guide commercial publié par l'administration américaine du commerce décrit un environnement autocratique et fortement bureaucratique, dans lequel l'initiative privée se limite pour l'essentiel au commerce de détail, aux services et à la petite industrie de transformation.

Fiabilité des données publiques

Les statistiques officielles sont rares, publiées avec retard et difficilement vérifiables. Le Fonds monétaire international a cessé d'inclure le Turkménistan dans certaines de ses publications à partir de 2021, invoquant l'absence de données fiables et de qualité suffisante. Les taux de croissance annoncés par les autorités, systématiquement supérieurs à 6 %, ne sont corroborés par aucune source indépendante.

Contrainte de change

La contrainte majeure pour une entreprise étrangère tient à la conversion et au rapatriement des devises. Le taux officiel est fixé à 3,50 manats pour un dollar depuis 2015, alors que le marché parallèle s'échange à des niveaux très supérieurs, autour de 19 manats pour un dollar selon les évaluations relayées par les guides commerciaux publics en 2024. Les échanges de liquidités hors circuit bancaire sont interdits par la loi. Les fournisseurs étrangers obtiennent le plus souvent un paiement anticipé en devises ou un règlement par les canaux bancaires d'État.

Marchés publics et bourse des matières premières

Une part importante des transactions d'importation et d'exportation transite par la Bourse d'État des matières premières, qui enregistre les contrats et perçoit des commissions. Les grands marchés publics sont attribués par appels d'offres dont les critères et les résultats sont rarement rendus publics. Transparency International classe régulièrement le pays dans les dernières positions de son indice de perception de la corruption.

Recours juridictionnels

Les juridictions locales n'offrent pas de garanties d'indépendance, les juges étant nommés par le président pour des mandats de 5 ans. Les contrats conclus avec des partenaires étrangers prévoient donc fréquemment une clause d'arbitrage international et le choix d'un droit applicable étranger. Plusieurs litiges opposant des groupes internationaux à des entités publiques turkmènes ont été portés devant des tribunaux arbitraux au cours des 15 dernières années.