Economie du Turkménistan

Poids des hydrocarbures

L'économie turkmène repose sur le gaz naturel. Le pays figure parmi les cinq premiers détenteurs mondiaux de réserves prouvées selon les classements couramment retenus, et sa production a atteint environ 80,6 milliards de mètres cubes en 2023 d'après les compilations statistiques internationales. La production de pétrole s'est établie autour de 8,3 millions de tonnes la même année. Le gaz fournit l'essentiel des recettes d'exportation et une part déterminante des ressources budgétaires.

Ordres de grandeur macroéconomiques

Les estimations disponibles pour 2026 situent le produit intérieur brut nominal autour de 83 milliards de dollars et le produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat près de 164 milliards, soit environ 12 300 dollars par habitant en valeur nominale. Ces montants dépendent toutefois d'un chiffre de population lui-même discuté. La croissance est évaluée à 3,6 % en 2025 et à 2,6 % en 2026 selon les projections des institutions internationales, très loin des taux annoncés par Achgabat.

Structure sectorielle

Les données de 2018, dernières séries largement reprises, attribuaient 50,1 % de la valeur ajoutée à l'industrie, 37,7 % aux services et 12,7 % à l'agriculture. La répartition de l'emploi diffère nettement, l'agriculture occupant environ 44 % des actifs, les services 41 % et l'industrie 15 %. Cette dissociation illustre la faible productivité du secteur agricole irrigué.

Dépendance à un client unique

La Chine absorbait environ 66,5 % des exportations turkmènes en 2021, devant la Turquie et l'Ouzbékistan. Cette concentration expose les recettes publiques aux conditions négociées avec un acheteur dominant et aux modalités de remboursement des prêts chinois ayant financé les infrastructures gazières.

Réformes limitées et fiabilité des chiffres

Les privatisations engagées depuis les années 1990 ont porté sur quelques milliers d'établissements, principalement dans le commerce et les services, sans modifier la structure du système productif. La suppression progressive de la gratuité du gaz, de l'eau et de l'électricité à partir de 2019 a constitué un ajustement budgétaire notable. Le Fonds monétaire international a par ailleurs cessé d'inclure le pays dans certaines de ses publications à partir de 2021, faute de données fiables et de qualité suffisante, ce qui invite à rapporter systématiquement chaque chiffre à sa source.