Le Turkménistan est une république présidentielle dotée d'une constitution adoptée en 1992 et révisée à plusieurs reprises, notamment en 2008, en 2016 et en 2020. Le texte proclame la neutralité permanente du pays et concentre l'essentiel des pouvoirs entre les mains du chef de l'État. Le pluralisme y est formellement reconnu depuis la loi sur les partis politiques de 2012, mais les organisations internationales considèrent que la séparation des pouvoirs ne fonctionne pas dans la pratique.
Serdar Berdymoukhamedov exerce la fonction présidentielle depuis sa prestation de serment le 19 mars 2022. Il a succédé à son père, Gourbangouly Berdymoukhamedov, président de 2007 à 2022, lui-même arrivé au pouvoir après la mort de Saparmourat Niazov en décembre 2006. Le président cumule les fonctions de chef de l'État, de chef du gouvernement et de commandant en chef des forces armées. Il nomme les ministres, les gouverneurs de province et les principaux magistrats. La révision constitutionnelle de 2016 avait supprimé la limite d'âge et porté la durée du mandat de 5 à 7 ans.
Le Halk Maslahaty, ou Conseil du peuple, occupe une place singulière dans l'architecture institutionnelle. Rétabli en 2021 comme chambre haute du Parlement, il a été transformé en janvier 2023 en organe représentatif suprême distinct de l'assemblée législative et détient notamment le pouvoir de modifier la Constitution. Gourbangouly Berdymoukhamedov le préside, ce qui lui permet de conserver une autorité considérable après avoir quitté la présidence. Le Mejlis, assemblée redevenue monocamérale, compte 125 députés élus pour cinq ans et vote les lois dans un cadre où l'initiative appartient de fait à l'exécutif.
Les cinq provinces et la capitale sont administrées par des responsables nommés et révoqués par le président. Les districts et les municipalités disposent d'assemblées locales aux compétences limitées. Les conseils de village, les gengech, conservent un rôle dans la vie quotidienne tout en restant encadrés par la hiérarchie administrative.
Le système judiciaire hérite de l'organisation soviétique, avec une Cour suprême au sommet et des juridictions de province et de district. Le président nomme les juges pour des mandats de 5 ans, situation que Freedom House et les rapporteurs des Nations unies décrivent comme incompatible avec l'indépendance de la magistrature. Aucune juridiction constitutionnelle autonome n'exerce de contrôle effectif sur les actes de l'exécutif.