Le recensement de 2022, dont les résultats ont été publiés en juillet 2023, avance un total de 7 057 841 habitants. Ce chiffre est contesté par plusieurs médias en exil et par des chercheurs indépendants, qui retiennent des estimations très inférieures, de l'ordre de 2,7 à 3,3 millions de personnes selon les travaux diffusés entre 2019 et 2021. L'écart s'explique par l'ampleur supposée de l'émigration et par l'absence de contrôle extérieur sur la méthodologie. Toute donnée démographique turkmène se manie donc avec prudence et se rapporte à sa source.
Les données officielles font état d'un taux de natalité d'environ 17,5 pour mille en 2022 et d'un indice de fécondité proche de 2,03 enfants par femme, en net recul par rapport au niveau supérieur à trois observé en 2000. L'espérance de vie à la naissance s'établirait autour de 71,8 ans, avec un écart marqué entre les hommes, près de 68,8 ans, et les femmes, environ 75 ans.
Des travaux relayés par la presse indépendante évaluent à près de 1,88 million le nombre de départs entre 2008 et 2018, principalement vers la Russie, la Turquie et l'Ukraine. Les autorités ont réagi en restreignant la sortie du territoire, notamment pour les moins de 40 ans à partir de 2018, et par des refus de renouvellement de passeport documentés par les organisations de défense des droits humains.
Le système de santé et l'enseignement demeurent formellement gratuits, héritage de la période soviétique, mais les organisations internationales soulignent la faiblesse des moyens et l'absence de statistiques vérifiables. La gratuité du gaz, de l'eau et de l'électricité, en vigueur depuis l'indépendance, a été progressivement supprimée à partir de 2019. Des pénuries alimentaires et un rationnement de produits subventionnés ont été rapportés dans plusieurs provinces au cours des années suivantes.
La population reste relativement jeune et se concentre dans les oasis irriguées ainsi que dans les grandes villes. Achgabat, Türkmenabat, Dachogouz et Mary rassemblent une part importante des citadins. Le pays ne publie pas de série continue et vérifiable sur la répartition entre urbains et ruraux, ce qui limite là encore les comparaisons régionales et internationales.